31.03.2011

Reponse du Fond Européen Léon Degrelle à Axe & Alliés.

 

A propos du Hors Série n° 10 d’Axe& Alliés, signé

Eddy De Bruyne,

« Au-delà d’un mythe. La Légion Wallonie et

Léon Degrelle »

 

 

    Le titre de ce numéro spécial le dit clairement: la Légion Wallonie et son chef Léon Degrelle relèvent désormais du « mythe ». De là, certainement, que la presse « grand public » –comme spécialisée– en fait régulièrement ses choux gras, car en parler, c’est encore et toujours faire recette.

 

Surtout lorsqu’on prétend aller « au-delà du mythe », c’est-à-dire « débarrasser (un personnage, une entité abstraite) de ses aspects mythiques qui voilent la réalité sous-jacente » (Trésor de la Langue Française, vol. 6, p. 1104). Et lorsque c’est Eddy De Bruyne qui s’en charge, on peut être sûr qu’il s’agira même d’une « démystification », c’est-à-dire qu’il s’agira de « désabuser (quelqu’un) en lui montrant la réalité telle qu’elle est, l’arracher à sa crédulité causée par une tromperie collective (généralement embellissante) » (ibidem).

 

C’est que, pour De Bruyne, lorsqu’il s’agit de Léon Degrelle, on n’est plus tellement dans le domaine du mythe, mais de la mystification, comme on a pu le voir dans son « opus maximum » Les Wallons meurent à l’Est (Bruxelles, Didier Hatier, 1991), préfacé par le meilleur ennemi de Léon Degrelle, Francis Balace, professeur d’histoire à l’Université de Liège.

 

    Dans cette préface, Balace se croit d’ailleurs obligé de préciser, dès sa première phrase, que le parti-pris anti-degrellien du livre n’en est pas un et que le réquisitoire qu’il constitue n’est qu’apparence, l’historien étant au-dessus de toutes ces contingences:

   « La tâche –ou l’honneur– de l’historien ne consiste ni à condamner, ni à encenser. Elle  n’est pas non plus de chercher des excuses mais, tout simplement, de reconstituer sur des bases documentaires solides la vérité historique, de l’exposer et surtout de la faire comprendre par ses lecteurs.

   Est-il besoin de dire que l’ouvrage d’Eddy De Bruyne correspond pleinement à ces règles, élémentaires mais trop souvent oubliées, d’une profession qu’il ne faut pas confondre ni avec celle du procureur ni avec celle de l’avocat. »

 

      Une telle accumulation de circonlocutions précautionneuses confine à l’antiphrase et n’a de sens que pour justifier le contraire de ce que l’on dit... Quant à prétendre détenir et exprimer la pure « vérité historique » sans s’embarrasser d’aucune contextualisation, voilà une outrecuidance qui témoigne à elle seule de la volonté de celui qui la profère de confisquer la démarche historique –qui est recherche permanente– en interdisant toute critique, relecture ou révision des documents ou témoignages du passé que l’on prétend interpréter de manière univoque et définitive. Mais pourquoi se gêner puisque, pour imposer pareille conception aberrante de la liberté de recherche académique, on a été jusqu’à voter des lois pour interdire toute remise en question de l’ « histoire officielle » concernant, par exemple, l’examen des « chambres à gaz homicides du IIIe Reich » (loi Gayssot en France, loi Moureaux en Belgique,…).

 

  Dans son ouvrage, –et pour mériter la préface de Balace–, De Bruyne s’essayait à régler le compte de Léon Degrelle (titre de la quatrième couverture: « Degrelle guerrier ? La fin d’un mythe » !). Passé relativement inaperçu à sa parution en 1991, cet ouvrage était tombé dans l’oubli. C’était sans compter sur la mauvaise idée d’Axeet Alliés de faire appel à De Bruyne pour son numéro Hors Série consacré à Léon Degrelle et aux Wallons sur le Front de l’Est. Revoilà donc ce vieux bouquin résumé pour taper à nouveau sur son clou: Léon Degrelle n’est qu’un mégalomane, sans capacité militaire et personnellement responsable de la mort des milliers de jeunes Belges qui s’engagèrent dans la croisade antibolchevique...

 

    Passons en revue ce pensum dont la seule originalité –et séduction comme argument de vente– est la riche iconographie.

 

        Erreurs et autres travestissements

    Commençons par épingler les erreurs et autres manifestes travestissements de De Bruyne, complètement impardonnables de la part d’un prétendu « historien » (dont nous ne connaissons par ailleurs aucun titre académique).

 

    Page 12: « Le soubassement [du] kiosque [d’Abbeville] servit de prison provisoire à Degrelle, arrêté pour son affinité avec les régimes fascistes. »

   Si Léon Degrelle, malgré son immunité parlementaire, fut effectivement arrêté le 10 mai 1940, ainsi que des milliers d’autres innocents (essentiellement des opposants politiques rexistes, nationalistes flamands, mais aussi communistes, allemands, italiens, juifs,...) sur base, entre autres, de l’arrêté-loi du 11 octobre 1916 permettant d’établir des listes d’étrangers suspects et de Belges « soupçonnés d’entretenir des relations avec une puissance étrangère ou dont la présence sur le territoire national pourrait entraver les opérations militaires », il ne fut cependant jamais détenu dans le soubassement du kiosque d’Abbeville.

 

    Faisant partie du convoi de 79 prisonniers répartis dans trois autocars quittant le 15 mai 1940 la prison de Bruges, il fut reconnu à Dunkerque par les gendarmes français auxquels le groupe fut livré et extrait pour interrogatoires musclés, ce qui lui sauva probablement la vie tout en inaugurant l’odyssée racontée dans La Guerre en prison.

 

    C’est dire que Degrelle ne faisait plus partie du groupe de détenus entassé dans la cave du kiosque à musique d’Abbeville dont 21 personnes seront extraites pour être sauvagement assassinées par la soldatesque française le 20 mai 1940 (parmi lesquelles Joris Van Severen, chef du mouvement national-solidariste thiois Verdinaso).

 

    Page 9: « Par testament olographe (30 mars 1991), Degrelle exprimait la volonté d’être incinéré avec dispersion de ses cendres sur la colline de Berchtesgaden. Ce testament fut confirmé par acte notarié (25 février 1994).[...] Selon des rumeurs non confirmées, les cendres de Degrelle auraient été dispersées à Bouillon, au lieu-dit du Grand Tombeau le 17 juin 1995. »

   Aucun lieu-dit des environs de Bouillon n’a jamais porté le nom de « Grand Tombeau ». Par contre, tout le monde dans la région connaît le lieu-dit « Tombeau du Géant » à Botassart (trois kilomètres de Bouillon), presqu’île de la Semois censée abriter le tombeau du géant trévire, rescapé de la bataille de la Sambre (57 av. J.-C.), poursuivi par les légionnaires romains et s’y suicidant pour leur échapper.

 

    Dans ses dernières volontés qu’il exprima en mars 1994, Léon Degrelle avait effectivement souhaité que ses cendres soient dispersées au « Tombeau du Géant » près de Bouillon. Cela est notamment confirmé par une lettre du SS-Hauptsturmführer Jean Vermeire, officiellement chargé de cette mission, à Jeanne Brevet, épouse Léon Degrelle, datée du 1er avril 1994: « vous m’avez parlé des dernières volontés de Léon mourant à vos côtés, et je vous ai promis de les respecter. Comme vous me l’avez formellement demandé, la dispersion se fera à Bouillon le long de la rivière qui rejoint la Meuse dont les eaux se mêlent au delta du Rhin. [...] Il me faut, avant la dispersion, aller choisir le bord de rive le plus beau où, plus tard, vous-même et tous ceux qui ont aimé Léon pourront venir se recueillir. »

   Néanmoins, Vermeire, –qui est un félon ayant été jusqu’à usurper son grade–, commit la suprême vilenie, après avoir échoué à s’approprier les drapeaux glorieux de la Légion Wallonie au Front de l’Est, de blesser la veuve du dernier Commandeur en dispersant les cendres non pas en Belgique, mais au sommet du Kehlstein (Berchtesgaden), le 17 juin 1995. Pour cela, il n’a pas manqué de claironner sur les antennes de la télévision belge néerlandophone (16 novembre 2000) et francophone (8 mars 2009) qu’il agissait en tant qu’exécuteur du testament signé par Degrelle le 30 mars 1991. Ce testament de 1991 fut enregistré le 26 avril 1994, soit après la mort de Léon Degrelle au « Registro general de actos de ultima voluntad » (certificat 917669, série M 143297/93). Cela pour contrer les manœuvres de Vermeire cherchant à « négocier » la restitution des cendres contre les drapeaux de la Légion. Il ne fait néanmoins pas de doute que les peines d’amendes et de prison prévues par l’arrêté royal du 18 avril 1994 « d’interdiction d’accès au territoire belge des restes mortels de Léon Degrelle » ne furent pas non plus étrangères à la décision de Vermeire de ne pas disperser les cendres au « Tombeau du Géant ».

 

    Page 33: Tcherkassy sera durablement travesti en victoire alors qu’il s’agit d’une déroute sans appel.

   Page 39: Présentée comme une victoire par la propagande, la percée de Tcherkassy est en réalité un drame. Beaucoup de légionnaires y ont perdu la vie.

   Jamais Tcherkassy n’a été présenté comme une « victoire », mais comme le succès d’une opération d’évacuation « de la dernière chance ». Comparée d’ailleurs systématiquement à la capitulation du maréchal Paulus à Stalingrad se soldant par la perte de plus de 380.000 hommes ! Remarquons qu’à quelques pages de distance (c’est-à-dire après avoir évoqué les héroïques exploits des Wallons pour forcer la percée), Tcherkassy passe, pour De Bruyne, du statut de « déroute » à celui de « drame » !

 

    Il faut n’avoir jamais assisté aux émouvantes commémorations du 17 février au mémorial de Bad Windsheim et aux sincères manifestations de reconnaissances des anciens de la Wiking à l’égard des légionnaires wallons pour oser prétendre que Tcherkassy fut une « déroute » ou une « échappée [...] travestie en victoire » (p. 40) !

 

Les écrits de Léon Degrelle à ce sujet sont sans doute trop éloquents pour ses contempteurs. Des 19 pages consacrées à la comparaison Stalingrad-Tcherkassy (Léon Degrelle: persiste et signe. Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier, Jean Picollec, 1985, pp. 291-301; 322-330), ne citons que ces quelques passages éloquents.

 

    Page 298: « Il suffisait d’une sortie finale de Paulus, et il eût été sauvé. [...] Les possibilités d’une rupture victorieuse étaient donc grandes. Le fait est qu’un an plus tard, à Tcherkassy, avec neuf fois moins de blindés que Paulus, nous enfoncerions le deuxième grand encerclement soviétique de la Seconde guerre mondiale, dans des circonstances bien plus pénibles. » Et page 329: « Huit mille combattants, c’est vrai, sont morts au cours de la percée de Tcherkassy. Mais cinquante-quatre mille hommes, à la fin de la soirée, étaient de l’autre côté, avaient gagné, avaient rompu le front soviétique ! [...] Oui, huit mille morts, c’est horrible ! Mais à Stalingrad, le maréchal Paulus préféra capituler et abandonner aux Russes cent neuf mille prisonniers: huit mille survivants seulement sont revenus des bagnes soviétiques ! »

 

    C’est un Joseph Goebbels particulièrement impressionné qui écrira dans son Journal personnel non destiné à publication (nous citons le texte original qui n’a pas été traduit dans les extraits publiés en français):

   « Sie [Generalleutnant Lieb und der belgische Rexistenführer Degrelle] erzählen mir wahre Wundertaten an Heldenmut, die unsere Truppen im Kessel vollbracht haben. Wir haben uns hier ein ganz falsches Bild von der dortigen Lage gemacht.Die 60.000 eingeschlossenen Soldaten haben weder an Lebensmittel- noch an Munitionsmangel gelitten. Das Gebiet, in dem sie eingeschlossen waren, entspricht der Größe Belgiens. Man kann sich also vorstellen, daß die Sowjets es nicht leicht gehabt hätten, sie wirklich wieder zu unterteilen, und das ist auch wohl der Grund, warum sie nicht vernichtet werden konnten. Der Durchbruch durch die feindlichen Linien geschah in der Nacht, und zwar nur mit der blanken Waffe. Er ist aus ausgesprochener Überraschungscoup gewesen und deshalb wohl auch gelungen. Jedenfalls sind unsere Verluste in diesem Kessel nicht größer als bei einer normalen schweren Schlacht. Die Herren erklären mir, daß sie mindestens 90 % ihres Mannschaftsbestandes aus dem Kessel herausgebracht haben. Generalleutnant Lieb erzählt mir, daß General von Seydlitz ihm in den Kessel einen sechsseitigen, persönlichen, mit der Hand geschriebenen Brief geschrieben habe, in dem er ihn zur Kapitulation aufforderte. General Seydlitz ist der tiefste Flecken auf dem Ehrenschild der deutschen Wehrmacht. […] Ich höre übrigens, daß Degrelle auf den Führer den besten Eindruck gemacht hat. In der Tat handelt es sich bei Degrelle um einen der Fähigsten politischen Führer aus dem Lager, das sich aus den besetzten Gebieten zu uns bekennt. » (22 février 1944)

 

 

    But du numéro spécial d’Axeet Alliés ? Casser le « mythe » Degrelle...

 

    Si nous passons sur les fautes d’orthographe et de grammaire (notamment la méconnaissance crasse de ce qu’est une épithète détachée: « Inapte à tout commandement militaire, la conduite de la Légion... »; « Esprit brillant quoique d’un caractère inconstant, les décisions de Degrelle... », p. 5), nous tombons immédiatement (§ 2 !) sur ce qui se présente comme raisonnement, et qui n’est qu’argumentation spécieuse devant asseoir le postulat de l’inaptitude de Léon Degrelle à « tout commandement militaire » ainsi qu’au lieu commun de sa « propension à la mégalomanie ».

 

    En effet, en deux phrases, De Bruyne dit tout et son contraire: « Degrelle n’a jamais exercé de commandement militaire sur la Légion Wallonie, dont il était, il est vrai, le chef politique incontesté [...]. Ce n’est qu’à la mi-septembre 1944 [...] qu’il sera commissionné Kommandeur de la 28. SS-Frw.Gr.Div. Wallonien avec le rang de SS-Sturmbannführer. »

 

    Que faut-il comprendre ?

 

    Que le chef politique –gravissant par ailleurs tous les grades de la hiérarchie militaire pour « bravoure devant l’ennemi » (p. 15) et recevant un serment de fidélité personnel de ses troupes (p. 19), négociant personnellement avec le Reichsführer SS Heinrich Himmler le passage des Wallons dans l’armée politique du Reich national-socialiste (événement capital traité comme simple anecdote, p. 32)– n’avait rien à dire sur la conduite militaire de la Légion ? Voilà qui est grotesque et démenti par De Bruyne lui-même: « Dans le même temps [août 1941], [Degrelle] remue ciel et terre pour être envoyé sur le théâtre des opérations le plus vite possible » (p. 21); « les vues et décisions [que Degrelle] impose à Lippert [...] ne souffrent aucune ou peu d’opposition » (p. 40) ! [Il est vrai que, pour donner un semblant de cohérence à sa thèse, De Bruyne n’hésite pas à postuler que la bravoure militaire de Degrelle n’était qu’opportunisme: « Chaque intervention militaire de la légion avait été sollicitée personnellement par Degrelle » dans le seul but de « forcer l’admiration des Allemands et cueillir les fruits de l’entreprise aux dépens de ceux qui s’opposaient à sa politique » ! (Les Wallons meurent à l’Est, p. 139)]

 

    Faut-il comprendre que les chefs militaires allemands (qui plus est, des Waffen-SS !) étaient prêts  à nommer n’importe qui « Kommandeur » d’une troupe d’élite ? Sans qu’il ait la moindre expérience ? Sans qu’il ait fait et refait ses preuves d’aptitude au commandement militaire ? Voilà qui est à nouveau grotesque et démenti par De Bruyne lui-même, dans son livre Les Wallons meurent à l’Est: « seul non-Allemand aux états de services aussi impressionnants, [...] Degrelle fut qualifié officiellement de Sturmbannführer u. Kdr der SS Frw. Pz Brig. Wallonien », le 3 septembre 1944 (p. 121).

 

    Notons les différences entre le livre et la revue: c’est début septembre que Degrelle devient SS-Sturmbannführer et Kommandeur et non à la mi-septembre et c’est alors que la Légion Wallonie n’est encore qu’une brigade –et non la division qu’elle devint le 17 septembre (forte de deux régiments d’infanterie et d’un régiment d’artillerie).

 

    Tout au long de la revue, De Bruyne s’efforcera de minimiser et même dénigrer la vaillance militaire de Degrelle, l’exercice culminant dans l’insinuation qu’il envoya froidement et délibérément ses soldats à la mort avant de les abandonner à leur sort.

- « Dès les premiers coups de feu, un Degrelle en état de choc a dû être évacué vers l’arrière » (p. 15)

- « Bien malgré lui, et poussé par les événements, Degrelle annoncera son engagement [dans la Légion Wallonie] sur le tard. » (p. 18)

- « fils aîné d’une famille nombreuse, [Degrelle] a été exempté du service militaire obligatoire à la suite d’une démarche administrative cependant facultative » (p. 21)

- « Le 15 janvier 1942, Degrelle subit sa première blessure à Nikolewskaja: un traîneau chargé de munitions a écrasé son pied et foulé sa cheville. » (p. 22)

- « Pendant la Vormarsch, les légionnaires wallons accompliront, à pied, une marche de plus de mille kilomètres. Les officiers, dont Degrelle [...] couvriront la même distance... à cheval et ne mettront pied à terre que l’espace d’une photo de propagande. » (p. 31)

- « le général Gille accepte la proposition faite par Degrelle (contre l’avis de Lippert) de confier à la brigade wallonne la tâche d’une nouvelle et ultime contre-attaque du saillant [de la forêt de Teklino]. [...] En fin de compte, [...] le prix à payer est élevé: [...] 27 % de pertes. Degrelle, en tant qu’officier d’état-major, est resté auprès de Wagener et de Lippert au P.C. à Orlowetz et n’a pas pris part à l’assaut. » (p. 36-37)

- « Degrelle a été légèrement blessé par l’effondrement d’un toit en chaume d’une isba [...]. “Un peu de plâtre sur son uniforme. précise le SS-Ustuf. Marcel Lamproye, témoin de la scène. Degrelle donnera une version autrement plus dramatique de l’incident dans ses écrits d’après-guerre. » (p. 39)

- « Degrelle utilisera au maximum [...] son image de “supercombattant créée de toutes pièces à coups de propagande tapageuse. » (. 40)

- « Degrelle a vu dans cette action [Teklino] un moyen inespéré de se mettre en vedette, même si pour ce faire il lui a fallu sacrifier la vie de maints légionnaires. » (p. 40)

- « A partir de maintenant [début mars 1945], hormis quelques apparitions sporadiques parmi ses hommes, [Degrelle] reste à l’arrière, absorbé par des questions liées à la fin de la guerre. » (p. 61)

- « Léon Degrelle ne pense qu’à prendre ses derniers galons d’Oberführer et à fuir, loin des Soviétiques. » (p. 66)

- « Léon Degrelle songe depuis longtemps au meilleur moyen de sortir indemne de cette défaite inéluctable. » (p. 69)

- « Hellebaut (et maints légionnaires wallons) ne pardonna jamais à Degrelle d’avoir prétexté d’hypothétiques pourparlers pour filer à l’anglaise. » (p. 71)

- « La Wallonie a été durement éprouvée par ses années de combats à l’Est. Mais Degrelle, à la fin de la guerre, n’en a cure et tente de “sauver sa peau à tout prix. » (p. 81)

 

    Cette dernière phrase est d’ailleurs l’ultime que le lecteur pourra lire de ce numéro Hors Série: Degrelle ? un lâche donc...

 

    Toutes ces allégations n’ont d’autre but que de discréditer l’image de Léon Degrelle dans l’esprit du lecteur d’Axe et Alliés. Que nous disent pourtant les sources de l’époque ?

 

 

    Abandon de ses hommes par Léon Degrelle ?

    De Bruyne cite abondamment le « Mémorandum Generet » (p. 71 sv.), mais ne dit rien des demandes adressées par Léon Degrelle à Himmler. Dans Axe & Alliés, l’entrevue est scandaleusement résumée en ces termes:

« Degrelle assure immédiatement Himmler de son allégeance totale et celle de ses hommes tout en glissant son soldbuch (livret militaire) dans les mains de Himmler en précisant que, commandant maintenant deux divisions (wallonne et flamande), il serait peut-être temps de sanctionner cette promotion par un grade correspondant… » (p. 73)

 

    Or, Degrelle remet à Himmler un mémorandum en six points que cite intégralement Generet, en le commentant d’ailleurs. C’est ainsi qu’on peut lire, à propos justement des légionnaires wallons:

« Il faudrait permettre aux légionnaires de vivre en Allemagne après la guerre sans courir le danger d’être livrés aux Bolcheviks. Donner à chaque légionnaire une somme de 1.000 à 2.000 RM pour lui permettre de passer les temps difficiles. [...] On ne peut dire qu’il [Léon Degrelle] ne s’est plus soucié de ses soldats même dans les moments les plus difficiles. Son intention qu’il a exprimée devant moi à plusieurs reprises était de ramener les restes de la division dans les lignes américaines ou anglaises. »

   De même (p. 71), De Bruyne se contente de postuler que « Hellebaut (et maints légionnaires wallons) ne pardonna jamais à Degrelle d’avoir prétexté d’hypothétiques pourparlers pour filer à l’anglaise », laissant son lecteur dans l’ignorance du pli cacheté qu’il a envoyé à ses officiers Hellebaut, Derrikx et Bonniver:

« Je redoute qu’un armistice brusque fasse stopper sur place toutes les troupes. Aussi faut-il que nos hommes soient dans le secteur ouest de Lübeck de toute urgence. Les ordres officiels ordonnent la marche en groupe, par étapes. Mais je vous demande instamment de charger vos hommes par tous les moyens sur tous les camions qui vont vers Lübeck, avec rassemblement là-bas. Mieux vaut de l’auto-stop assurant la liberté de nos hommes, que de multiplier les étapes qui feront tomber la Légion dans les mains des Russes. Je vous envoie également les cartes de travail. A Lübeck, je m’imposerai à la séance d’armistice ou j’enverrai une délégation vers les lignes anglaises. Comptez tous sur moi. »

 

    Les « cartes de travail » sont le millier de cartes de travailleurs étrangers que Degrelle a obtenues  lorsqu’il s’est rendu à Berlin le 20 avril 1945 (il y rencontra Himmler qui le nomma Standartenführer).

 

    Le plus fort est que De Bruyne lui-même énumère dans son Les Wallons meurent à l’Est, au long de quatre pages (pp. 158-161), toutes les initiatives du Commandeur établissant que « dans les dernières semaines de la guerre, Degrelle était toujours soucieux du sort de ses hommes » (p. 160) !

 

 

    Courage et aptitude au commandement de Léon Degrelle ?

    Léon Degrelle est le seul officier (allemand ou engagé volontaire étranger) à qui le chef suprême des armées, Adolf Hitler en personne, a envoyé à deux reprises son avion personnel pour qu’il puisse lui remettre en mains propres les plus hautes distinctions gagnées au combat: cela ne peut que rendre encore plus grotesques les insinuations fielleuses du prétendu historien De Bruyne ou l’affirmation gratuite du rédacteur en chef d’Axeet Alliés, Boris Laurent, qui lui emboîte inconsidérément le pas dans son introduction: « Léon Degrelle [...] ne renvoie pas l’image d’un guerrier, malgré les habiles mises en scène photographiques et les reportages orchestrés par les services de propagande. Et pourtant, à force de calculs et de manœuvres, et aussi grâce à une chance qui allait le suivre jusqu’à sa mort en 1994, Degrelle réussit à devenir le chef militaire de cette unité SS. »

 

    Pareille affirmation revient à prendre son lecteur pour un imbécile (et les chefs militaires allemands pour autant de dangereux naïfs, à moins qu’ils ne soient autant d’aveugles suicidaires !).

 

    Pareille affirmation est d’ailleurs en contradiction totale avec ce que De Bruyne lui-même écrivait dans Les Wallons meurent à l’Est: « par ses exploits militaires, Degrelle avait su s’imposer dans les hautes sphères de l’appareil national-socialiste, plus particulièrement auprès de Hitler qui le reçut pour la seconde fois au cours de cette guerre pour lui remettre les Feuilles de Chêne ainsi que l’insigne en or des combats rapprochés. » (notons que le double événement –capital pour l’intéressé– de sa réception par Hitler n’est pas présenté dans ce livre et évoqué, au passage, de manière tout à fait anecdotique).

 

    Pour illustrer concrètement la bravoure militaire de Léon Degrelle ainsi que son aptitude au commandement, qu’il nous suffise de lire les télégrammes proposant au Reichsführer SS Himmler l’octroi des Feuilles de Chêne à Degrelle.

 

    Le premier émane du général Grasser, commandant le détachement d’armée Narwa.

   « L’attaque ennemie du 23 août 1944 sur le front au sud-ouest de Dorpat et dont l’axe d’effort principal était dirigé contre des unités estoniennes, provoqua la complète désagrégation de celles-ci. Tout le flanc au sud-ouest et à l’ouest de Dorpat était ouvert et tenu seulement par des unités d’alarme de faible valeur combattive. Le SS-Sturmbannführer Degrelle, qui, au matin du 23 août 1944, se rendait vers des compagnies engagées plus au sud-ouest, rassembla à la hauteur et des deux côtés de Lemnatsi les unités en retraite venant de Dorpat, et avec de faibles unités allemandes les reconstitua en groupe de combat, reformant à ce point critique exposé à l’attaque de l’ennemi une nouvelle ligne de sécurité qui put tenir toute la journée. Son engagement personnel est caractérisé par le fait qu’il donna ses ordres debout sur le bord du fossé, incitant ainsi à la résistance les Estoniens peu endurcis.

   C’est grâce au fait qu’il paya ainsi de sa personne que l’on put empêcher l’avance de l’ennemi en direction de la ville de Dorpat et aussi que les unités encore engagées au sud de Dorpat soient ainsi coupées de nos lignes. »

 

    Le second émane du Generaloberst und Oberbefehlhaber Schoerner, commandant en chef le groupe d’armées du Nord.

   « C’est à Degrelle, qui a déjà maintes fois fait ses preuves de soldat et d’officier, dans des situations difficiles, que revient le mérite décisif d’avoir empêché le 23 août que la ville extrêmement importante de Dorpat ne tombe aux mains de l’ennemi.

   Cette action également décisive pour la poursuite des combats porte la marque d’une volonté de combat unique en son genre.

   Je recommande le plus chaleureusement la remise des Feuilles de Chêne au SS-Sturmbannführer Degrelle. »

 

    On le voit: aucune place n’est laissée ici aux « mises en scène », non plus qu’aux « manœuvres » pour obtenir de l’avancement (même si, dans Les Wallons meurent à l’Est, p. 77, De Bruyne insinue, pour les seuls besoins de sa démonstration, que ce dernier télégramme pourrait être apocryphe !).

 

    Mais d’où vient la thèse du Degrelle militairement incompétent, envoyant gratuitement ses hommes à la mort et les abandonnant lâchement à leur sort à la fin de la guerre, que brandit comme un « scoop » Axe & Alliés ? Eddy De Bruyne l’a faite sienne dans son livre Les Wallons meurent à l’Est, pour justifier une publication qui pût faire scandale, mériter la préface de « Francis Balace, Chargé de cours à l’Université de Liège, Vice-Président du Centre de Recherches et d’Etudes Historiques de la Seconde Guerre mondiale » et passer à la postérité comme celui qui régla son compte à Léon Degrelle en réécrivant son histoire…

 

Mais cette thèse n’a d’autre appui… qu’un seul document ! Un document non évoqué dans Axe & Alliés et qui est longuement cité dans Les Wallons meurent à l’Est. Il s’agit d’une lettre qu’envoya, le 15 octobre 1944, un Franz Hellebaut aigri, démissionnaire, au nouveau Commandeur Degrelle, où il dresse un tableau sombre des perspectives de mise sur pied d’une véritable division de légionnaires. Cet ensemble d’arguments techniques avancé par Hellebaut est extrapolé par De Bruyne en « véritable réquisitoire », une « opposition à s’exécuter dans le sens souhaité par Degrelle » qu’il résume de cette façon: Degrelle n’avait-il pas en fait « besoin de cette division pour asseoir son autorité et soigner son prestige personnel sans cesse croissant ? » (p. 129).

 

    Or, comme De Bruyne le souligne lui-même, « Dans [la] mise au point [de Hellebaut], tout sentait le militaire, rien que le militaire » (p. 129). Il faudrait donc comprendre que c’est parce qu’il n’y était aucunement question de politique, qu’il faut écarquiller désespérément les yeux pour découvrir entre les lignes de cette lettre un réquisitoire « ignorant superbement toutes les implications politiques si indispensables au Chef » alors qu’elles n’étaient tout simplement pas du ressort de son chef d’Etat-Major…

 

    À partir du postulat de l’incompétence militaire de Degrelle, De Bruyne a beau jeu d’élaborer gratuitement des scénarios d’opposition entre Degrelle et ses officiers. Parmi ces fictions, le lecteur sera prié de croire que: « La mort d’Hagemans […] débarrasse Degrelle d’un adversaire politique […] qui [lui] aurait sans doute porté ombrage » (p. 31), « un Lippert vivant aurait, à coup sûr désapprouvé les défilés de Tcherkassy que Degrelle a organisés à Bruxelles et à Charleroi » ou « sans aucun doute, Lippert aurait approuvé Hellebaut […] contre les plans de Degrelle » (p. 79)…

 

    Et c’est à partir de pareilles extrapolations que De Bruyne signe son scoop en trois points, tout en disant tout et son contraire sur le comportement de Degrelle au Front de l’Est:

  1. Un incompétent militaire: « Inapte à tout commandement militaire », « Degrelle n’a jamais exercé de commandement militaire sur la Légion Wallonie » ! (p.5),

    mais

    « L’intervention déterminée et […] courageuse de Degrelle a évité au commandement allemand de se retrouver dans une position plus que fâcheuse » (p. 47) ou « Parallèlement au commandement militaire que Degrelle détient à partir de septembre 1944, on lui accorde, le 23 novembre 1944, une autorité politique et civile en sa qualité de Volksführer der Wallonen » (p. 79)…

  1. Responsable de la mort de ses hommes: « En revanche, les vues et décisions qu’il impose […] servent en premier lieu son ambition et son ascension personnelles […], même si pour ce faire il lui a fallu sacrifier la vie de maints légionnaires » ! (p. 40),

Ce n’est pas Léon Degrelle qui décide, seul, des engagements militaires de la Légion. Un exemple: « à la mi-février 1945, […] le général Steiner reçoit l’ordre de reprendre l’initiative opérationnelle […]. Dans cette importante opération les Wallons se voient charger [sic] d’une mission offensive […]. Cappelle et ses hommes sont anéantis sur place » (p. 56-58)…

  1. Un lâche qui abandonne ses hommes: « Léon Degrelle songe depuis longtemps au meilleur moyen de sortir indemne de cette défaite inéluctable. […] Hellebaut (et maints légionnaires wallons) ne pardonna jamais à Degrelle d’avoir prétexté d’hypothétiques pourparlers pour filer à l’anglaise. […] Degrelle, à la fin de la guerre, […] tente de sauver sa peau à tout prix » ! (p. 69, 71 et 81)

    mais

    Ici, pas de « mais » ! Le lecteur restera sur ces derniers mots de la page 81: contre les faits historiques (par ex. le mémorandum Generet, voir ci-avant), De Bruyne entend que le lecteur ignore toujours que Degrelle fut « toujours soucieux du sort de ses hommes » (Les Wallons meurent à l’Est, p. 160)…

 

    Pour paraphraser De Bruyne « Ainsi se forgent mythes et légendes », nous conclurons « Ainsi les mensonges prétendent-ils détruire les vérités qui dérangent »…

 

 

 

Hergé, Degrelle et Tintin

 

    Un chapitre spécial « hors texte » sur fond brun est consacré, à la page 14 du Hors Série n° 10 d’Axe et Alliés, aux relations entre Hergé et Degrelle, car ce dernier a commis l’impardonnable crime d’avoir dévoilé une des sources premières de l’inspiration du dessinateur pour créer Tintin: Léon Degrelle en personne ! Cela, l’historiographie officielle –et la Fondation Hergé en particulier– ne peut le laisser passer: il faut donc discréditer à tout prix l’auteur de Tintin, mon copain.

 

    Ce chapitre n’est pas commis, comme le reste de la revue, par Eddy De Bruyne, mais par un certain Théophile Monnier, autre historien autoproclamé, spécialiste –paraît-il– de... jeux vidéo de stratégie !

 

    Dès la première phrase des huit paragraphes du pensum censé éreinter Degrelle, le postulat de la forfanterie de ce dernier est posé: « Degrelle a su se forger une légende faite d’exagérations, de mensonges et de faits avérés sur son parcours étonnant. » C’est exactement ce que fait Monnier dans son article, mélangeant faits réels ne pouvant être éludés, mensonges et approximations. Passons-les en revue.

 

    « Pendant ses années d’exil, Degrelle revendique d’avoir totalement inspiré le personnage créé par Hergé. »

   Degrelle n’a certes pas passé ses années d’exil à prétendre qu’il servit de modèle à Tintin. Il avait bien d’autres priorités, à commencer par l’inlassable défense de l’idéal qui justifia son engagement et celui de ses légionnaires au Front de l’Est, ainsi que celle de leur chef suprême Adolf Hitler !

 

    Léon Degrelle n’a révélé le détail anecdotique de l’inspiration de Hergé pour Tintin que dans les années quatre-vingts, alors qu’il préparait son livre Tintin, mon copain qui devait être un hommage au dessinateur disparu, mais qui ne fut publié qu’en... 2000. Et non en 1990 comme l’affirme d’autant plus ridiculement Monnier que, dans ce cas, cela n’eût pu se faire « de manière posthume », Degrelle étant décédé en 1994.

 

    « le scénario de l’invention de Milou est grotesque, car Degrelle prétend que ce chien blanc aurait été inspiré par une photo de soldats de la Première Guerre... photo où apparaît Adolf Hitler ! On se demande bien qui peut croire que par un incroyable effet du hasard, cette photo serait tombée dès 1929 entre les mains de la rédaction du Vingtième Siècle, journal où travaillaient ensemble les deux hommes ! »

   Mais tout simplement parce qu’Adolf Hitler, condamné en 1923 à 5 ans de forteresse après la tentative de putsch de Munich, libéré en décembre 1924, principal animateur de la vie politique allemande à partir de la refondation du NSDAP en 1925, attirait certes déjà, dans les années 1927-1929, l’attention de la presse allemande ainsi que de la presse internationale.

 

    Nous sommes toujours en train d’examiner les collections des journaux de l’époque, certains de retrouver les documents en question: nous ne manquerons pas de revenir prochainement sur ce sujet d’autant plus intéressant que l’on sait Hergé friant de documentation et d’iconographie journalistique pour asseoir son inspiration…

 

    « quelques photos le présentant en culotte de golf... plusieurs années après la création de Tintin »

    Comme Monnier le sait, Tintin, mon copain est une publication posthume. C’est-à-dire que sa mise en pages, ses illustrations et leurs légendes ainsi que les appendices ne sont pas de l’auteur lui-même, mais de son éditeur. C’est donc d’abord le seul texte qu’il faut lire pour connaître l’histoire de la filiation de Tintin, les illustrations ayant été ajoutées a posteriori pour illustrer et asseoir la réalité de ce qui est présenté dans le texte. Et que dit Léon Degrelle à propos de ses culottes de golf ? Entre autres, ceci (p. 19):

   « Hergé et Jam étaient éblouis par un tel luxe. Cette culotte de golf leur paraissait à tous deux comme le sommet de l’originalité, et aussi, pour les trois anciens scouts que nous étions, le symbole de l’intrépidité. C’est dans un tel sentiment d’admiration qu’il apparut tout naturel à Hergé de revêtir (au crayon) d’une culotte de golf, toute pareille à la mienne, le jeune Tintin encore tout nu. »

 

    Le hasard a voulu que les photos de Degrelle en culottes de golf publiées dans Tintin, mon copain datent de 1936. Cela veut-il dire qu’auparavant, Léon Degrelle n’allait pas en acheter « au magasin de vêtements masculins Les Trois Suisses, champion bruxellois du merveilleux prêt à porter » ? La question est vraiment oiseuse puisque l’important est de préciser l’origine de « ce vêtement qui, par-dessus tout, [l’] enchantait » ! Par contre, Monnier se garde bien de parler de l’autre détail indispensable pour que Tintin « se distinguât de façon indélébile partout où il passerait »: la fameuse houppette. Car, là, la photographie d’un Léon Degrelle à houppette présentée en page 21 date de 1928 et le fameux dessin du peintre Albert Raty (p. 20), de 1927...

 

    « Envoyé en reportage au Mexique fin 1929, Degrelle revient plusieurs mois plus tard avec un récit rocambolesque et certainement exagéré mais qui connaît un grand succès en Belgique. »

    En quoi Mes Aventures au Mexique, de Léon Degrelle, constitue-t-il « un récit rocambolesque et certainement exagéré » ? Il faut bien que le lecteur fasse confiance à Monnier car celui-ci ne daigne pas donner le moindre exemple d’exagération degrellienne. En fait, nous devons craindre que Monnier se contente de paraphraser (mal, en déformant le propos) le site Internet Wikipedia (« Degrelle s'y rend [au Mexique] dans des circonstances rocambolesques, qu'il amplifie et romance dans son ouvrage Mes aventures au Mexique) Probablement parce qu’il n’a lui-même pas lu ce livre, se contentant de la sobre mise en contexte par Degrelle dans Tintin, mon copain de ses envois de bandes dessinées à Hergé à l’occasion de son voyage au Mexique !

« Au Mexique, à cette époque-là, un régime pro-communiste, dirigé par une brute sanguinaire nommée Calles, soumettait des millions de catholiques à une persécution sauvage. [...] Tout en poursuivant mon enquête parmi les jeunes gaillards entreprenants des Cristeros –du moins ceux qui n’étaient pas pendus, par centaines, aux poteaux des lignes téléphoniques–, je récoltais un maximum de ces bandes dessinées. » (p. 13)

 

    Théophile Monnier ignore certainement tout de cet épisode plus tragique que « rocambolesque » de l’histoire du Mexique: il est pourtant documenté par une abondante bibliographie aux titres autrement éloquents que le pré-tintinienMes Aventures au Mexique de Degrelle. Nous n’en extrairons pour sa gouverne que ces livres écrits en français:

- F. Ravie, Le Mexique rouge, Paris, Beauchesne, 1928, 195 p.

- A. Bessières, Le Mexique martyr, Paris, Bonne Presse, 1928, 165 p.

- J. Couvreur, Au Mexique, Terre des martyrs, Toulouse, Apostolat de la Prière, 1928, 65 p.

- A. Dragon s.j., Pour le Christ-Roi, Louvain, Museum Lessianum, 1929, 173 p.

- A. Barquin et G. Hoiyois, La Tragédie mexicaine, Louvain, Rex, 1929, 2 vol.

 

    Nul doute que Monnier décrétera que tous ces ouvrages, abondamment illustrés pourtant, ressortissent également au genre « rocambolesque » !...

 

    « Selon Degrelle, ce voyage [...] aurait été à l’origine de la création du petit reporter... C’est tout à fait faux, car à cette date, Tintin existe déjà, puisqu’il apparaît pour la première fois dans le Petit Vingtième dès le 10 janvier 1929. »

   Ce qui est « tout à fait faux », c’est l’affirmation de Théophile Monnier: nulle part, dans Tintin mon copain, Degrelle n’affirme que son voyage est à l’origine du personnage de Tintin. La seule chose que Léon Degrelle affirme, dès la première page de son récit, c’est que lui-même compte parmi ceux qui sont à l’origine de la création du petit reporter: « Tintin a eu d’ailleurs plusieurs pères. C’est le fruit dudit abbé [Wallez], bien sûr; ce l’est, en second lieu, du grand artiste Hergé, lui-même, brandissant ses crayons. Et, indirectement, c’est de moi. » (p. 5)

 

    Notons tout de même, au passage, que Degrelle ne se considère donc pas comme le seul inspirateur de Tintin, mais plus modestement comme l’un de ses pères. Nous sommes loin des affirmations péremptoires de Monnier « L’une de ces légendes, et non des moindres, est sa fameuse déclaration: Tintin: c’est moi ! »; « Degrelle revendique d’avoir totalement inspiré le personnage créé par Hergé »; « En s’appropriant outrageusement la paternité du héros des jeunes de 7 à 77 ans [...] », etc.

 

    Plus fort (mais Monnier se garde bien de citer ce texte) ! Hergé lui-même donne explicitement raison à Degrelle dans une interview accordée à La Libre Belgique du 30 décembre 1975, citée dans Tintin, mon copain (p. 17): « J’ai découvert la bande dessinée grâce à... Léon Degrelle ! Celui-ci, en effet, était parti comme journaliste au Mexique et il envoyait au Vingtième Siècle, non seulement des chroniques personnelles, mais aussi des journaux locaux (pour situer l’atmosphère) dans lesquels paraissaient des bandes dessinées américaines. J’ai découvert ainsi mes premiers comics. »

 

    Le voyage au Mexique n’est donc pas stricto sensu à l’origine de Tintin, mais bien de la conception nouvelle de la bande dessinée que développa Hergé.

 

    Il est intéressant de noter que, pour Hergé, l’événement des bandes dessinées envoyées par Degrelle est tellement capital que, bouleversant la chronologie, il le situe même avant la publication de ses premiers dessins dans le Vingtième Siècle ! C’est ainsi qu’il déclare à Numa Sadoul, dans les entretiens qu’il lui accorda en octobre 1971: « je découvrais –par l’intermédiaire de journaux mexicains !– les comics américains: “Bringing Up Father (“La famille Illico) par Geo Mac Manus, “Krazy Kat, “The Katzenjammer Kids, et bien d’autres... Pour donner une nouvelle vie à son journal, l’abbé Wallez eut alors l’idée de lancer un supplément hebdomadaire illustré pour enfants [...]. Dès le premier numéro, j’ai commencé à illustrer (de façon déplorable !) un récit fantaisiste mais consternant, œuvre d’un rédacteur du journal: Les aventures de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet. [...] C’est donc pour éviter d’illustrer un texte que je trouvais mortellement ennuyeux que j’ai créé “Tintin. Et c’est là que, pour la première fois, comme dans les bandes dessinées américaines, le texte et l’image se sont mutuellement complétés pour former un langage nouveau. Le 10 janvier 1929, Tintin et Milou quittaient Bruxelles (sur le papier) à destination de la Russie bolchevique [...]. » (Tintin et moi. Entretiens avec Hergé, p. 32-33).

 

    Qu’ajouter face à cette évidence ? Sinon que donner aujourd’hui crédit à ce qu’affirme Monnier revient à prétendre que Hergé est un menteur !

 

    Le menteur ne serait-il pas plutôt Monnier qui ose écrire: « La vérité est qu’Hergé était déjà bien avancé dans la création de Tintin quand Degrelle et lui commenceront à travailler ensemble » ? Car c’est la chronologie selon Monnier qui ne respecte pas la réalité. Ce n’est qu’au tout début de janvier 1929 que Hergé (collaborant au Vingtième Siècle depuis octobre 1927) commença à imaginer le récit Au pays des Soviets, sur base du Moscou sans voiles publié en 1928 par l’ancien « consul de Belgique en Russie », Joseph Douillet. Le livre venait de lui être confié par l’abbé Norbert Wallez dans ce but et, d’après Hergé, le canevas fut « créé en moins d’une journée » (Huibrecht Van Opstael, Tracé RG, p. 21). Léon Degrelle est, quant à lui, engagé en octobre 1928 et ses tout premiers articles concernant la persécution des catholiques mexicains sont déjà publiés les 26, 27, 28 octobre et 16 novembre 1928. C’est dès cette époque qu’il se lie d’amitié avec Hergé: « Georges Remi, le Hergé débutant, devint instantanément mon ami. Nous avions à peu près le même âge. Georges était né dans la banlieue de Bruxelles le 3 juin 1907. J’avais vu le jour à Bouillon, en face d’un vieux château millénaire, le 15 juin 1906. En chiffres ronds: vingt ans chacun. Tous les deux nés sous le même signe: les Gémeaux ! »(Tintin, mon copain, p. 12)

 

    D’ailleurs, Monnier est bien obligé d’admettre, même si c’est avec réticence, l’incontestable  amitié, qui liait Hergé à Degrelle (tout en la repoussant de 1928 aux « années 1930 »): « Il est en revanche tout à fait exact que Degrelle et Hergé ont été en étroite relation pendant les années 1930 et ont pu avoir des relations de grande amitié, en tout cas de bonne camaraderie »; « Degrelle [...] travaille donc étroitement avec Hergé »; « Hergé et Degrelle poursuivent un parcours parallèle [...] en entretenant des relations apparemment très cordiales »; « entretenant probablement de bonnes relations, Degrelle et Hergé ont en commun des convictions politique affirmées »...

 

    Pour Monnier, cette proximité d’idées n’empêcherait pas que se « dégrade » la relation entre les deux hommes à cause d’un fait précis qu’il se permet de monter en épingle: « La relation entre les deux hommes se dégrade pourtant non pour des raisons politiques, mais au sujet d’un contentieux sur une affiche dessinée par Hergé et utilisée sans autorisation par Degrelle (et sans la signature de l’auteur) pour sa campagne aux élections législatives de 1936 ». Rectifions encore une fois les informations de Monnier: selon Van Opstael (dont l’exactitude de la chronologie n’a, pour le moment, encore été contestée par personne), nous sommes en 1932 et il s’agit d’une affiche « utilisée modifiée, puis signée “Le studio des Editions Rex » (Tracé RG, p. 89).

 

    De plus, si l’on en croit Numa Sadoul, Hergé tenait suffisamment à ce qui l’avait uni à Degrelle pour conserver en permanence près de lui les reliques de ses relations avec l’auteur de Révolution des âmes, y compris d’ailleurs la fameuse affiche brandie par Monnier: « Une autre nuit, dans l’un des tiroirs privés du secrétariat de Georges, j’ouvris un dossier résumant ses correspondances avec Léon Degrelle et le mouvement fasciste Rex. Il y avait même là un projet d’affiche électorale réalisé par Hergé: un projet assez avancé mais que l’on avait eu la sagesse de renoncer à exécuter. » (Tintin et moi. Entretiens avec Hergé, p. 15).

 

    Alors, pour remettre les pendules à l’heure, citons une fois encore Hergé lui-même qui refusa toujours de participer à la condamnation universelle de Léon Degrelle: « Degrelle était d’ailleurs un homme respectable, il a été lui-même au Front de l’Est, il n’y a pas seulement envoyé quelques pauvres diables. Et militairement parlant, il s’est comporté là-bas comme un héros. » (Humo, 11 janvier 1973, cité dans Tintin, mon copain, p. 144).

 

    Quant à l’engagement idéologique de Hergé, ne citons, parmi les « sources autorisées » que Benoît Peeters: « Le grand thème des Aventures de Tintin pendant les années trente n’est pourtant pas si loin de certains arguments de campagne de Degrelle » (Hergé, fils de Tintin, p. 139).

 

    Et si on veut vraiment apprécier l’absolue loyauté de Hergé aux idéaux de sa jeunesse, il suffit de lire l’hommage de Robert Poulet (journaliste-écrivain, condamné à mort en 1945) à l’occasion du décès du dessinateur (« Adieu, Georges », Rivarol, 18 mars 1983, cité dans Tintin, mon copain, p. 130): « On peut bien le dire à présent: entre 1950 et 1960, il fut la providence des “inciviques, le grand recours des honnis et des bannis, dont il connaissait la parfaite honnêteté. Il me rendit, à moi parmi beaucoup d’autres, de grands services aux heures difficiles. Je reste et resterai moralement son débiteur. »

 

    Les « beaucoup d’autres » sont détaillés par Benoît Peeters, dans Hergé, fils de Tintin, p. 425 (mais la liste n’est certes pas exhaustive puisqu’y manque notamment le grand ami Jacques Van Melkebeke, coscénariste de tant d’aventures de Tintin, condamné en 1946 comme « incivique »): Paul Jamin (le dessinateur Jam du Pays réel, condamné à mort), Raymond De Becker (rédacteur en chef du Soir pendant la guerre, condamné à mort), Félicien Marceau (sous son nom Louis Carette, journaliste à la radio belge pendant la guerre, condamné à quinze ans de travaux forcés), Paul Werrie (auteur de La Légende d¹Albert Ier, roi des Belges, illustré par Hergé, condamné à mort),...

 

    Au sujet de cette « épuration » aveugle, nous laisserons une dernière fois la parole à Hergé (en évoquant, horrifié, les « fusillés », Hergé a certainement à l’esprit son ami Victor Meulenijzer, compagnon du collège Saint-Boniface et de sa troupe scoute, qu’il caricatura notamment, à ses côtés, dans un épisode de Quick et Flupke dans Le Petit Vingtième du 18 mai 1933, qui fut le rédacteur en chef de l’hebdomadaire rexiste Voilà –dont Hergé fit la couverture le 10 juillet 1942– et qui fut fusillé, après une parodie de procès, le 30 août 1945): « J’avais des amis journalistes et dont je persiste aujourd’hui encore à croire qu’ils étaient absolument purs et pas à la solde de l’ennemi. Et quand j’ai vu certains de ces gens condamnés à mort et certains même fusillés, je n’ai plus rien compris à rien. Ça a été une expérience de l’intolérance absolue. C’était affreux, affreux ! » (interview à Benoît Peeters, citée dans Tintin, mon copain, p. 129).

 

 

 

 

08.12.2010

La fille d'Heinrich Himmler tente d'empêcher les extraditions d'anciens

La fille d'Heinrich Himmler tente d'empêcher les extraditions d'anciens...

Pour la lire la suite et voir les photos:

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29.11.2010

Benito Mussolini figure toujours à cheval dans la nef d’une église au Canada

HM_ARC_000379-017.jpg

 

 

Retrouvez l'article :

 

http://www.leon-degrelle.org/achat/produit_details.php?id=20

10.11.2010

Lettonie: un ancien Waffen SS nommé président d'une commission au parlement

Pour lire l'article, il faut se rendre sur le site Rex Libris, leon-degrelle.org:

 

http://www.leon-degrelle.org/achat/produit_details.php?id=19

16.10.2010

Libres propos de Pieter KERSTENS

Libre propos de Pieter KERSTENS

Le droit de grève, c’est bien. La liberté du travail, c’est bien mieux !
Parce que depuis plusieurs mois on constate une montée du mécontentement général que ce soit en Espagne, en Italie, en France ou encore en Belgique.
Il ne se passe plus une semaine, où de grandes manifestations « pour ceci » ou « contre cela » agite l’une ou l’autre capitale européenne.

PLUS, encore PLUS, toujours PLUS.
Arcboutés sur les fameux « droitzakis » les syndicats agitent le spectre de la rigueur et de l’austérité envers le fameux « pouvoir d’achat » et défilent pour la défense de la retraite à 60 ans, pour le maintien de la semaine des 35, 37 ou 38 heures, pour des augmentations catégorielles de salaires, ou encore pour la solidarité avec les sans-papiers. C’est oublier un peu vite que partout en Europe ces mêmes syndicats ont accepté que le travail de nuit soit à nouveau applicable aux femmes et que celles-ci ne bénéficieraient plus d’une retraite anticipative par rapport à celle des hommes, deux mesures obtenues grâce aux luttes de nos mères ou de nos épouses au cours du 20ème siècle. Etrange silence de la part des forces de « gôche »… Diktat européen oblige ? Egalité homme-femme ? Hypocrisie et lâcheté, OUI !

Par leurs grèves à répétition les syndicats prennent les travailleurs en otages et exercent un odieux chantage sur tous ceux qui souhaitent poursuivre le travail, même s’ils sont conscients des difficultés économiques et financières du moment. Certains pays ont même légalisé les piquets de grève, accentuant ainsi le pouvoir de nuisance des syndicats socialo-marxistes, dont certains ont placé leur « trésor de guerre » à l’étranger…

AUX TRAVAILLEURS LEUR PLACE, TOUTE LEUR PLACE. AU CAPITAL SA PLACE, RIEN QUE SA PLACE !
La crise bancaire et financière, initiée aux Etats-Unis dès 2006, fait sentir durement ses répercussions dans les économies européennes enclenchant une inquiétude générale parmi les populations et un manque de confiance vis-à-vis des gouvernements. Curieusement et depuis plusieurs années, l’Allemagne, malgré les fluctuations de l’Euro, tire son épingle du jeu et présente une balance commerciale dont les excédents se succèdent mois après mois. Après avoir intégré sa partie orientale (108.000km2 et 18 millions d’habitants) en octobre 1990, la République Fédérale fait figure de locomotive européenne 20 ans plus tard. Nos dirigeants devraient se poser des questions et les eurocrates revoir leur copie quant à cette réussite.
Quant à nos syndicalistes, ils pourraient, eux, enlever leurs lunettes roses des dogmes sectaires pour affronter les errements socio-économiques qui nous ont conduits à une dette publique astronomique et structurelle. Ces mêmes syndicats oublient un peu vite qu’en moins d’un siècle, la durée du travail a été réduite de moitié. Par ailleurs ils devraient s’intéresser bien plus à l’inadéquation persistante entre les exigences du monde du travail et les compétences (ou la formation) des demandeurs d’emploi.
J’entends partout et à longueur de journée « qu’il n’y a pas de travail », mais quele chômage structurel se trouve à des niveaux intolérables depuis fort longtemps. Pourquoi ? Est-il normal qu’en temps de crise on ne trouve pas d’électriciens, de plombiers, de secrétaires trilingues ou d’infirmières ? Combien d’années faut-il donc pour en former ? Cela fait 30 ans que l’on nous serine les mêmes rengaines. Cela fait 30 ans que les européens refuseraient les « petits boulots » ? Cela fait 30 ans que nos poubelles seraient vidées par des africains ? Mais cela fait aussi 30 ans, que les portes du supermarché « EUROPE » sont grandes ouvertes à tous les miséreux de la planète, qui viennent y faire leurs emplettes, sans aucune contrepartie…

ARRETONS DE DELIRER.
Les caisses sont vides, à Madrid, à Athènes, à Paris ou à Bruxelles ! Vidées par une volonté progressiste et humaniste qui nous a vanté les bienfaits de l’Etat-Providence, concept inventé par Olof PALME, où chacun est pris en charge par la collectivité, toute sa vie, sans devoirs et coulant des jours paisibles sans se poser trop de questions. Aujourd’hui, la fête est finie et il va falloir se serrer la ceinture, retrousser ses manches et sans doute être obligé de choisir entre le superflu et l’indispensable. Sans ces efforts nous allons transmettre une ardoise phénoménale à nos enfants et petits-enfants : ce serait répugnant et criminel.
Abraham LINCOLN avait déclaré : « Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche. Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous ne gagnez. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu’ils pourraient et devraient faire eux-mêmes ». Il aurait pu ajouter « Avant de tendre la main, les individus devraient se prendre eux-mêmes en main ».
Pieter KERSTENS.